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La libération de Guiry du 20 au 29 Août 1944

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Du 20 Aout au 29 Août 1944, Guiry, sous occupation Allemande depuis plusieurs années, va être libérée par les Alliés.

André Huppe retrace jour après jour les événements.

Ce récit a été repris du site de Guiry, la page Histoire de Guiry.

20 Août : Le petit déjeuner du Colonel 

Voici une quinzaine de jours que les troupes américaines ont passé la Seine à Rosny et les mouvements de l’armée allemande s’accentuent sur la route départementale qui traverse Guiry. II s’agit d’éléments hétéroclites si l’on en juge par les uniformes des soldats.

Le mois d’août, c’est aussi pour nous 1’époque de la moisson et il n’est pas toujours prudent d’aller travailler en plaine. Au-dessus de nos têtes il y a de temps à autre des combats d’avions de chasse et le bruit caractéristique des douilles de mitrailleuse retombant au sol n’est guère encourageant. Déjà trois ouvriers de la ferme ne veulent plus aller travailler, les autres et les femmes (plus courageuses) continuent avec mon père et moi-même à ramasser la récolte durant deux jours encore. On entend le roulement continue du canon du côté de Mantes. 

Mais ce matin du 20 août a été un peu mouvementé à la ferme. Nous le désignerons sous le titre suivant « Le petit déjeuner du Colonel ».

En voici le récit:

Vers Huit heures du matin, une voiture décapotable de l’armée allemande, comme celles que l’on voit dans tous les films de la dernière guerre, entre dans la cour de la ferme. II en descend un officier supérieur en gabardine et son ordonnance.

II entre dans la maison, accroche sa gabardine au porte-manteau et s’adresse à mon père dans un français assez correct mais impératif:

 – « Je viens pour déjeuner ici dans votre bureau »

(On a compris plus tard que c’était là pour surveiller par la fenêtre ce qui pouvait se passer).

– « Vous déménagez tout de suite les meubles (!)

– Et vous mettez une table pour moi manger.

– Madame doit me préparer tout de suite deux œufs cuits, des confitures et le café.

– Mon chauffeur va manger à la cuisine ».

– Schnell !

Bien obligés de s’exécuter. Mon père et moi enlevons le bureau, les classeurs et un canapé sans précipitation. L’officier (un Colonel me dit mon père) parait nerveux.

 Ma plus jeune sœur se sauve dans sa chambre.

 Le petit déjeuner pris rapidement, le Colonel repart précipitamment (On entend la canonnade au loin) et oublie sa gabardine au vestiaire.

 L’a-t-il fait volontairement ou non ?

Curieux, je fouille les poches de ladite gabardine et y découvre un révolver. Mon père me dit de laisser tout ça en place; comme il avait raison car quelques minutes plus tard, l’officier revient pour reprendre son manteau… Ouf!

Ce soir-là, comme tous les soirs depuis quelques jours, car voilà déjà quinze jours que l’on se bat sur la Seine, les renforts de l’armée allemande se dirigent vers le front. D’après leurs uniformes ce sont des unités hétéroclites de tous âges, les uns à pied, les autres dans des charriots attelés de chevaux. Je les regarde par une lucarne de la grange. On est loin de l’armée insolente et conquérante de mai 1940!

Tous ces pauvres types paraissent fatigués, harassés… Apparemment peu d’armes, pas de canons…

Voyant que ces bougres de soldats ne semblaient pas belliqueux, je m’enhardie à les voir passer à la porte de la ferme. Le convoi s’arrête et un soldat m’interroge, faisant un signe de la main « Nacht Artiesse ? » (Il voulait dire Arthies).

Je lui répondis affirmativement.

23 ou 24 Août : l’éclat d’obus dans la chambre

C’était le 23 ou le 24 août, la pression militaire américaine s’accentue, notamment par des tirs d’artillerie. La veille avait eu lieu le massacre de Charmont, 17 otages exécutés par les allemands sur la route de Charmont à Banthelu. On avait distinctement entendu les rafales de mitraillette.

Ces tirs d’artillerie ne semblent pas avoir d’objectif précis. Tirs d’intimidation ? En effet ce jour-là quelques obus tombent sur Guiry. Ce sont des obus qui éclatent avant d’arriver au sol. Durant la guerre 14 18, on les appelait des « schrapnels » (excusez l’orthographe) – Un de ces obus éclate près de l’église, soufflant les vitraux, un autre explose au milieu de la cour de la ferme. Un éclat, de la taille de la main, passe au travers des volets fermés d’une fenêtre à l’étage de la maison et termine sa course dans le petit lit de mon neveu de 3 ans que sa mère venait juste de retirer à cause du bombardement.

Ma sœur, en effet, dont le mari était aux armées, s’était réfugiée chez nous avec ses 2 enfants. Elle habitait alors Rosny sur Seine mais était partie avant que les américains ne passent la Seine.

23 Août : refuge dans les carrières

Ne se sentant plus en sécurité dans le village, notamment pour ceux, nombreux, qui n’ont pas de cave, mon père pense que l’on serait plus à l’aise dans les carrières de Guiry surtout pour les bébés et les jeunes enfants. A la ferme, nous avions aménagé une tranchée-abri, puisqu’il n’existe pas de cave à cause des sources. De plus, mon père qui avait fait la guerre 14-18 craignait des combats dans le village.

24 Août

Aussi ce soir du 24 août, un certain nombre de familles prend le chemin des carrières avec le matériel sommaire pour coucher et manger.

On emmène aussi avec nous une bonne et douce vache laitière pour le lait des enfants.

On s’installe sous une énorme roche à flanc de côteau laquelle était sans nul doute un abri pour les hommes à l’époque néolithique et qui s’intègre bien dans le contexte du dolmen (allée couverte), non loin de là, du « bois Couturier ».

Une unité légère d’artillerie allemande de lance-roquettes vient de s’installer en contrebas du côteau près du hangar de la « Défonce » à l’abri d’un petit bois.

De temps en temps, les allemands expédient des roquettes en direction de Wy-dit-Joli-Village/Arthies et après chaque décharge, ils viennent se réfugier dans notre abri.

Ils étaient une demi-douzaine. Ce n’était pas encore le « décrochage » des occupants, mais plutôt des combats d’arrière-garde. A cette occasion, j’ai pu leur dérober une règle de tir que j’ai toujours conservée.

Lors d’accalmies dans la journée, je me hasardais à revenir à la ferme à travers le friche et le bois pour voir ce qui se passait.

Un jour, c’était la veille de la Libération, je vois arriver à la maison un soldat Allemand, seul et fatigué. II me demande à boire, je lui sers un verre de cidre et subitement il me dit « moi Polak », je lui réponds « Géfang ? ». Il lève les bras en l’air. Je comprends vite qu’il voulait déserter. Je l’emmène rapidement dans une pièce au fond de la maison, et lui apporte culotte, veste et autres vêtements civils. Je prends son fusil, son uniforme, et vais cacher tout cela enfermé dans un sac, au fond du jardin dans un tas d’orties.

Quelque temps après, ne voyant rien de suspect je repars avec « mon prisonnier » aux carrières. Sur le chemin du retour, tir de l’artillerie américaine dans le vallon que nous devons traverser, lieu-dit « Le Palet de Gargantua ». C’était sûrement le lance-roquettes allemand qui était visé. Des obus explosent non loin de nous, l’un touche un arbre à 50 mètres, on entendait l’éclatement avant le départ de l’obus, c’est dire que les chars américains n’étaient pas loin.

Bref, j’arrive enfin à l’abri des carrières avec « mon homme », ce qui n’a pas l’air de plaire aux gens de Guiry.

A peine quelques instants que sommes-nous là que les allemands au bas du côteau, près du hangar, tirent à leur tour et viennent se réfugier avec nous. Moment de panique… si par hasard ils reconnaissaient « le prisonnier ». Ce dernier se sauve pour se cacher au fond de l’abri dans les anciennes infractuosités de la roche. Finalement, à la tombée de la nuit, les soldats allemands repartent et déménagent leur matériel.

C’est ce soir-là, à la tombée de la nuit que nous apercevons de notre « abri observatoire » d’autres soldats allemands qui décrochent du haut du bois de Morval, en file indienne, vers le fond de la vallée des prés de la Défonce.

Malheureusement pour eux, ils ont été repérés et ils sont arrosés d’obus. Le lendemain en effet, j’irai relever 2 tués.

Après ce chapitre sur notre refuge aux carrières, revenons en arrière pour raconter ce qui se passait à Guiry même à partir du 25 août.

25 Août

Donc, ce samedi 25 août, fête de Saint Louis, nous sommes un groupe de gens du pays réunis sur les « sauts de loup » du château.

Quelques soldats allemands sales et harassés arrivent les uns après les autres venant de Wy-dit-Joli-Village. C’est la déroute. Ils n’ont plus le moral. On leur annonce que l’armée française et américaine sont à Paris.

- « Hitler caput » leur dit-on

Ils font ceux qui n’y croient pas et repartent à pied bien sûr, on ne sait où direction nord.

Les mitraillages que l’on avait entendus quelques jours plus tôt (massacre de Charmont le 22 août) se sont éloignés. Cette journée du 25 paraît plus calme, moins de canonnades.

Est-ce le prélude à l’attaque finale ?

26 Août

Le 26 août, un convoi de camions allemands d’une dizaine d’éléments fait halte dans l’avenue face au château, sous les arbres.

Ils sont repérés par l’aviation alliée et mitraillés.

Trois soldats sont tués. Ils seront enterrés le soir même par leurs camarades sur la pelouse devant le château.

Un obus venant je ne sais d’où, fracasse les branches du premier tilleul de l’avenue.

27 Août

Le 27 août au soir, les habitants qui sont venus quelque temps dans leur maison, reprennent le chemin des carrières pour passer la nuit.

Je précédais de quelques dizaines de mètres avec Pierre mon frère, et Pierre Rousselin un grand copain, Marie Dauge 24 ans, une camarade d’école, sa fille de 5 ans, que son père, prisonnier de guerre, n’avait pas encore vue, ainsi que la grand-mère Dauge.

Subitement un avion, à basse altitude, nous survole, mitraille, et lance une petite bombe. Instinctivement on se couche sur le côté. Des balles de mitrailleuse sectionnent des branches au-dessus de notre tête, j’entends un éclatement derrière moi et aperçois de la fumée. J’entends des cris. Tout cela en quelques secondes.

Je me précipite et vois là, un spectacle effarant: La voiture d’enfant est renversée, la petite fille éjectée, inanimée, la grand-mère à terre, la mère hurlant. D’autres personnes accourent et l’on emmène la malheureuse famille au château, qui était devenu depuis une quinzaine de jours un poste de secours d’infirmerie militaire allemand. La petite Marie-Madeleine est déjà morte, les poumons éclatés par le souffle de la bombe. (Le souvenir de cette petite victime innocente est gravé sur la plaque commémorative des morts des deux guerres)

Et le soir, à travers champs, pour éviter d’éventuels mitraillages, je transporte en voiture à cheval, à l’hôpital de Magny, la pauvre grand-mère.

Que s’était-il donc passé ?

On ne saura jamais la vérité. L’avion en question était, c’est certain, un chasseur bombardier allié : un « spitfire » paraît-il.

L’aviation allemande n’existait plus à ce moment-là. Les aviateurs alliés étaient quelquefois, comme les soldats de tous bords plus ou moins « drogués » d’alcool au combat. Cette rage de tirer sur tout ce que l’on aperçoit est peut-être, l’explication à cette terrible méprise.

Et pendant ce temps, René Duport, mon beau-frère, gardait son troupeau de moutons à 200 mètres de là au lieu-dit « la remise aux alouettes » (les bêtes, elles aussi doivent manger malgré la guerre). Et de ce point le plus élevé de la commune, le berger voyait les armées américaines mitrailler sans cesse les bois de feularde situés entre Avernes et Enfer, là étaient plaqués au sol les débris de l’armée allemande.

28 Août

Ce sera d’abord l’inhumation de cette malheureuse petite enfant dans la plus grande tristesse de tout le village. Le vieux curé Gicquel lui aussi ne pouvait retenir ses larmes. Cette journée du 28 août semble anormalement calme.

Où sont les allemands ? Où sont les américains ?

On attend. Quelques jeunes et moi-même et notre vieux curé discutons sur la place du château en fin de journée. Arrive un soldat de l’armée en déroute qui nous paraît bien jeune, mais vite reconnaissable à son uniforme noir de SS. Que fait-il seul ici ? C’est le premier que l’on voit et on sait qu’il ne faut pas rire avec ces gens-là. Pour toute arme apparente, il n’a qu’une grenade à manche…

II nous demande où sont les américains. Pour s’en débarrasser on lui fait signe qu’ils sont sûrement près de Cléry, au-dessus du bois de Morval. II est déjà tard. Le SS part donc dans cette direction. Et, on apprend plus tard par le curé de Cléry, qui l’avait rencontré, que ce soldat s’était fait mitraillé au petit matin sur la RN 14 par le premier char américain sur lequel il avait lancé sa grenade.

Ce soir du 28 août, veille de la libération, a failli être tragique pour nous, les « réfugiés aux carrières ». A la tombée de la nuit (il faisait presque noir) notre camarade Pierre Rousselin prend idée d’aller voir ce qui se passe.

Comme d’habitude il est habillé en treillis de l’armée française.

Subitement, sur le chemin il tombe nez à nez avec un soldat allemand armé d’un fusil (sûrement un des derniers fuyards). L’habillement de notre camarade n’avait pas du tout rassuré l’allemand. Bref, après quelques explications embarrassées, Pierre Rousselin est ramené à l’abri avec le canon du fusil dans le dos… Ouf!

29 Août matin

29 août au petit matin. C’était un mercredi je crois. C’est la Libération.

Parti tot de notre abri souterrain, je cours jusqu’au portail de la ferme. Déjà depuis la veille au soir, on n’entendait plus la canonnade. Et là, dans la rue, quel spectacle! Des compagnies entières de soldats américains défilent sans bruit, parfaitement équipées, les gars paraissent frais et dispos. De temps à autre, on voit des militaires avec des radios portatives. Et on se demande comment ces pauvres soldats allemands harassés et déguenillés ont pu résister près d’un mois à une armée si moderne et si bien équipée.

Tout de suite, je suis allé tirer la cloche de l’église juste en face, relayé quelque temps après par le père Camille, le bedeau et sonneur de la paroisse.

Toute la population était dans la rue. J’ai remis aux américains le « prisonnier allemand » ainsi que six autres de ses camarades qui, durant la nuit s’étaient planqués dans 2 caves du village.

Voulant manifester notre reconnaissance aux Libérateurs, moi-même et d’autres coururent chercher de bonnes bouteilles, planquées en lieu sûr depuis longtemps. Mais il a été impossible de les distribuer, les officiers s’y opposant fermement.

Le soir même, les américains étaient aux abord de Beauvais paraît-il (40 kilomètres à vol d’oiseau). Ce qui nous avait le plus impressionnés, c’était l’organisation et la puissance de cette armée.

Par la suite, d’autres unités américaines ont stationné à Guiry avec lesquelles on pouvait troquer des marchandises (bien sûr, en douce) par exemple, un litre de calva contre un jerrican plein d’essence et aussi une bonne bouteille de vin contre les fameuses « rations » pour 4 hommes ou des cigarettes « Camel ».

Le château

Pendant la bataille qui se déroulait de Limay à Arthies dans les bois, principalement du début à la fin d’août 1944, le château de Guiry a servi de poste de secours.

C’était le 20 août, je crois, et le soir, je vois arriver venant du front, un charriot à flèche tiré par deux chevaux. Cette voiture était pleine de blessés (des morts aussi peut-être), des soldats allemands. Le conducteur lui-même avait un bras en écharpe sanguinolent et un gros pansement à la tête. Arrivé près du château, celui-ci me demande « Lazaret, Lazaret  » (excusez-moi l’orthographe). Je lui indiquai le château et la pauvre cargaison entra dans « la cour d’honneur ».

29 Août : Jour de la libération.

Dans l’après-midi, on nous signalait qu’un soldat américain avait été tué sur le chemin du Thillay et que deux soldats allemands étaient également tués au bois Couturier, ce qui ne paraissait pas anormal après le bombardement que nous avions vu la veille au soir. 

Mon père me demanda alors d’aller les chercher afin de les enterrer à Guiry même. J’attelai donc un cheval sur un petit tombereau et parti avec un ouvrier de la ferme ramasser ces pauvres soldats.

Le soldat américain avait été tué le matin même de la Libération au lieu-dit « Le Poirier » près de la remise dans les circonstances suivantes :

Une compagnie de fantassins américains faisait halte à cet endroit pour se reposer. Un de ceux-ci apercevant un stylo à encre à terre voulut le ramasser. Mal lui en prit, le stylo était relié à une grenade piégée (dernière trouvaille des soldats en déroute) 

Ah, les grenades, il fallait se méfier!

Quelques jours plus tard nous trouvions une grenade offensive accrochée par une ficelle et pendue en l’air après une meule de blé, à 300 mètres de là.

Malheur à celui qui aurait voulu s’en saisir sans précaution.

Après avoir ramassé ce soldat, nous allons R.D. (NDLR : René Duport) et moi-même vers le bois Couturier attenant au bois de Morval. En arrivant nous avons eu la surprise de voir des « pillards » (des gens que l’on connaissait) venus ramasser des objets abandonnés, sacoches, serviettes en cuir, habits, armes et munitions etc…

Et là je ne peux raconter ce qui s’est passé par égard aux familles qui vivent encore dans le village. J’ai vu des spectacles affligeants, indignes de gens civilisés.

Bref je chargeais deux soldats allemands aidé de notre employé. L’un des soldats était complètement décapité. Nous n’avons pas trouvé sa tête, l’autre je me souviens, avait une bible dans sa poche. Détail macabre, la tête du type décapité a été retrouvé huit jours plus tard par le chien de berger de la ferme qui l’apporta aux pieds de mon père gardant le troupeau de moutons non loin de là.

De retour au village, les esprits de certaines personnes commençaient à évoluer. Le soldat américain avait droit à l’office à l’église et inhumé dans le cimetière.

Les allemands devaient rejoindre leurs trois camarades tués les jours précédents et déjà déterrés pour reposer enfin dans le bois en haut de l’avenue.

Aidé de deux autres bonnes volontés, je fus donc contraint de m’exécuter.

La belle union pendant la guerre était fissurée le jour même de la Libération. Quelques jours plus tard, un certain « Comité de Libération » prenait le contrôle de la mairie, c’était les « Résistants de dernière heure », ceux qui n’étaient pas les plus braves lors des dangers!

Les jeunes de Guiry en Juin 1944

Après le débarquement des troupes alliées sur la côte normande, nous avions pensé, nous, les jeunes de la commune au nombre de 15, qu’il serait peut-être bon de nous « planquer » un jour ou l’autre lorsque les allemands repartiraient.

Dans ce but, j’avais contacté l’O.C.M.J. (Organisation Civile et Militaire des Jeunes) et reçu quelques instructions. Je fus désigné « Chef Local ». 

Avec le jeune instituteur de la commune et quelques autres, nous avions repéré une cache qui nous semblait idéale dans les « bois de Feulardes » (commune d’Avernes). Lorsque le besoin se ferait sentir, nous devions stocker des vivres à cet endroit et établir des abris….

Heureusement que nous n’avions pas mis cette idée à exécution, car dès août 1944, les allemands occupaient ces bois…